
L’Iliade raconte l’histoire d’un jeune homme, Pâris, un prince troyen, qui va séduire la femme la plus belle du monde, Hélène, une reine grecque, et qui de ce fait va provoquer la guerre entre les Grecs et les Troyens.
Cette guerre sanglante et cruelle va durer dix ans, elle se terminera par l’épisode du cheval, introduit par Ulysse, dont les flancs remplis de soldats grecs, vont la nuit, sauter hors de la statue et massacrer les Troyens. Cette guerre va commencer par un chaos et le restera perpétuellement pendant toute sa durée, elle se terminera également dans le chaos et les massacres.
Après la chute de Troie, le retour d’Ulysse à Ithaque est raconté dans l’Odyssée. Il mettra dix ans pour retrouver sa femme Pénélope et son fils Télémaque. En effet, après dix années de guerre, les dieux et notamment Poséidon vont s’acharner à lui rendre la vie impossible en l’empêchant de rentrer chez lui.
Tous les obstacles semés par Poséidon sur son retour ont un sens philosophique profond, il s’agit de faire oublier à Ulysse le sens de sa vie, qui est toujours d’aller du chaos vers l’harmonie et vers la vie bonne.
Une des figures de l’oubli la plus caractéristique de cette épopée a pour nom : Calypso. Elle est une divinité sublime, d’une beauté absolue et immortelle. Lorsqu’Ulysse débarque sur son île, elle en tombe folle amoureuse et décide de le garder près d’elle. Calypso organise la vie d’Ulysse de la façon la plus douce et la plus agréable qui soit pour essayer de lui faire oublier Pénélope et Ithaque.
En apparence, Ulysse a tout pour être heureux, peine perdue, il n’est pas à sa place dans cet univers, car il n’est pas rentré chez lui et n’a pas retrouvé la vie bonne.
Calypso va inventer un stratagème qui peut permettre d’apercevoir la différence qui existe entre une spiritualité religieuse et une spiritualité philosophique ou laïque. Elle va proposer à Ulysse, s’il d’accepter de rester sur son île, l’immortalité et la jeunesse éternelle. Ulysse refuse. En effet, après toutes ses aventures, Ulysse est devenu un sage et il préfère une vie bonne de mortel à une vie ratée d’immortel. En acceptant le statut de divinité, il cesserait d’être lui-même, il perdrait son identité.
Ce moment peut être interprété comme le point de départ de la philosophie. La notion de vie bonne va donner naissance aux sagesses du monde et aux sagesses philosophiques.