La définition du temps dans ses trois dimensions, le passé, le présent et l’avenir, est difficile. Comment définir ce qu’est le passé qui n’est plus ou l’avenir qui n’est pas encore, alors que seul le présent est mais n’est pas la totalité du temps ?
Husserl montre que la conscience est toujours conscience intime du temps. Quand je regarde à l’intérieur de moi, je n’y trouve pas une identité fixe et fixée à l’avance, mais une suite de perceptions sans rapport entre elles. La conscience du temps me permet de poser mon identité, me permet de comprendre que dans cette suite de perceptions, ce n’est pas moi qui change mais le temps qui s’écoule.
Pour Kant, le temps n’est ni une intuition, une perception ou un concept mais la forme même de nos intuitions. Le temps et l’espace sont les formes pures ou à priori de toutes nos intuitions sensibles.
Bergson pense que le temps est la succession des instants comme la ligne est une succession des points.
La durée est le temps tel que nous le ressentons quand nous ne cherchons pas à le comprendre. Elle n’est pas ponctuelle, elle est continue, car notre conscience dans notre présent se rapporte toujours à son passé et se tourne déjà vers son avenir. Le temps éveille en nous la possibilité d’une conscience morale, il place notre existence sous le signe de l’irréversible : « Je crains mon avenir, je porte le poids de mon passé et mon présent sera bientôt un passé sur lequel je n’aurai aucune prise ».
Le temps n’existe pour l’homme qu’au travers de la perspective de sa mort qui l’invite à s’en soucier durablement, contrairement aux animaux qui ne connaissent pas le temps.