L’étymologie du mot met en lumière le fait que le désir repose d’abord sur une absence, un manque. Il peut se définir comme la tendance consciente à combler un manque, le comblement de ce manque peut prendre la forme du plaisir.
De nombreux penseurs grecs et notamment Platon éprouvaient de la défiance envers le désir, car ils le considéraient comme une source de trouble et de douleur pour le corps et d’aveuglement pour l’âme.
Sur ce sujet, les courants de pensée stoïcienne et épicurienne se rejoignent et appellent toutes les deux à une thérapeutique des désirs. Epicure privilégie la nature de leur objet avec les désirs naturels et nécessaires. Sénèque évoque lui la simple possibilité de les voir satisfaits.
Spinoza a fait du désir l’essence même de l’homme. Selon lui, désirer n’est pas un phénomène accidentel mais le signe de notre condition humaine. Alors que Platon affirme que l’on désire une chose parce qu’elle est bonne, Spinoza renverse cette tradition en estimant que c’est parce qu’on la désire qu’elle est bonne.
Schopenhauer, quant à lui,considère que le désir est réservé à de rares ascètes. Sa suspension volontaire est la seule manière d’échapper à l’alternance de la souffrance et de l’ennui à laquelle nous condamne notre condition d’êtres désirants.