Pour l’être humain, la technique comme production d’outils est une nécessité vitale, à contrario de l’animal. L’organe et l’outil se confondent. Pour produire un objet, il faut ordonner la matière et lui donner une forme correspondant à la fonction que l’on souhaite lui attribuer, en obéissant à ce qu’on appelle les règles de l’art.
La façon dont nous pensons la technique détermine radicalement notre rapport au monde. Pour Aristote, les objets produits par l’être humain sont déterminés par quatre causes : la cause matérielle, la cause formelle, la cause finale et la cause efficiente. Il pense que la technique est l’ensemble de règles qui définissent les moyens en vue d’une fin. Heidegger démontre que la modernité ne pense plus la technique comme l’ensemble de règles nécessaires à un art. Il fait la différence entre la pensée méditante et désintéressée et la pensée calculante qui veut par la technique dominer la nature et l’asservir aux besoins de l’être humain. Le véritable danger est que la technique devienne l’unique mode de pensée. D’ailleurs, elle est de moins en moins un projet dont l’être humain serait encore le maître, de sorte que l’homme lui-même s’est mis progressivement au service de la technique.