Sartre (1905 – 1980)

Sartre et les mots - Philippe Sollers/Pileface

« L’existence précède l’essence. »

« L’enfer, c’est les autres. »

« Notre préoccupation doit être de servir la littérature en lui infusant un sang nouveau, tout autant que servir la collectivité en essayant de lui donner la littérature qui convient. » 

            Sartre est né à Paris dans une famille bourgeoise, après le décès de son père, il est élevé par son grand-père maternel. Après des études à l’ENS, il sera professeur de philosophie mais quittera l’enseignement après la guerre. Il publiera des écrits aussi bien dans le domaine de la philosophie, de la littérature et du théâtre. Parallèlement à son œuvre, il deviendra un intellectuel engagé, avec plus ou moins de bonheur, dans la vie politique et sociale de son temps. Il formera avec Simone de Beauvoir un couple célèbre et refusera le prix Nobel de littérature en 1964.  

            La philosophie sartrienne réside dans sa conception de la conscience qui n’est pas substance, n’appartient pas au monde des choses et n’en subit pas la loi.

            L’homme échappant à toute détermination naturelle se trouve dès lors condamné sans recours à la liberté, à une liberté infinie, à laquelle s’opposent sans cesse la mauvaise foi, l’esprit de sérieux, les rôles sociaux et la présence d’autrui. Sartre est d’abord le philosophe de la liberté comme unique source de sens. La liberté s’enracine dans la contingence de l’existence humaine qui ne procède d’aucune logique et qui donnera naissance à l’existentialisme.

            L’existentialisme est une philosophie athée, et il n’est point de Dieu pour créer une nature humaine. L’homme se fait par son libre choix, il existe, se projette dans le monde et se crée à travers ses actes : son existence précède son essence. 

            La liberté est sans cesse menacée et le danger vient au premier chef d’autrui, de cet autre qui me fait être par le regard qu’il pose sur moi. Au premier coup d’œil, l’autre m’évalue, me juge et m’enferme dans une essence dans laquelle je risque de m’engluer si je ne réagis pas et n’affirme pas mon existence.

            Sartre fut un compagnon de route du parti communisme, sa pensée va évoluer et être la rencontre de l’existentialisme et du matérialisme historique. Il reconnaît que l’homme est le produit des conditions matérielles de son existence mais ne considère pas cette aliénation comme une fatalité. Sartre pense que nous pouvons nous réapproprier notre histoire, à condition de nous concevoir et d’agir comme parties indissociables d’un tout engagé dans une même direction et vers un même projet.

Œuvres principales : L’être et le néant ; L’existentialisme est un humanisme ; Critique de la raison dialectique