Jankélévitch (1903 – 1985)

Michaël de Saint-Cheron, De la philosophie à la musique : de Jankélévitch à  Marc Leboucher - La Règle du Jeu - Littérature, Philosophie, Politique, Arts

« Peut-être convient-il d’appeler innocence cette sincérité d’un vouloir qui ne louche pas vers sa propre faiblesse et se croit naïvement tout-puissant. »

« En évoquant les jours de la colère, de la calamité et de la tribulation, nous protestons contre l’œuvre exterminatrice et contre l’oubli qui compléterait, scellerait cette œuvre à jamais, nous protestons contre le lac obscur qui a englouti tant de vies précieuses. »

            Jankélévitch est né de parents juifs russes émigrés en France. Il a été un brillant élève formé à l’ENS mais également un musicien remarquable. Il sera interdit d’enseigner pendant l’occupation allemande mais deviendra professeur à la Sorbonne après la seconde guerre mondiale. La période de l’occupation le détournera à jamais de la pensée, de la musique et de la littérature allemandes.

            Après avoir étudié la philosophie allemande avant la seconde guerre mondiale (Hegel, Schelling…), Jankélévitch se consacrera à une phénoménologie subtile, attentive aux nuances et aux contradictions de la vie psychique.

            Jankélévitch est un moraliste, il s’oppose à l’optimisme de la pensée hellénique et étudie les déchirements de la conscience soumise au chiasme (l’antithèse), à l’indomptabilité des valeurs qui l’habitent, le mal, par exemple, pouvant avoir la séduction de la beauté.

            La morale étant essentiellement un mouvement vers autrui, Jankélévitch en dégage le paradoxe « plus il y a d’être, plus il y a d’amour, et plus il y a d’amour, moins il y a d’être ». Sa philosophie est tragique mais non désespérée, l’énergie morale peut et doit répondre à tous les pièges du mal.  

Œuvres principales : Le traité des vertus ; Le je ne sais quoi et le presque rien ; La mort