« L’émergence du totalitarisme doit nous conduire à repenser la démocratie puisque ces dernières ont été incapables d’empêcher la montée des totalitarismes. »
« Le mal n’est jamais radical, il est seulement extrême, il défie la pensée, c’est là sa banalité. Seul le bien a de la profondeur et peut être radical. »
Hannah Arendt est née en Allemagne dans une famille juive. Elle a fait des études supérieures de philosophie et eut pout professeur Heidegger et Jaspers. A la suite de la montée du nazisme, elle s’exile en France et ensuite aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale. Elle poursuit une carrière universitaire et parallèlement à son travail de recherche et d’écriture, elle couvre à Jérusalem, le procès du responsable nazi Adolf Eichmann pour un journal américain. Elle rédigera une série d’articles qui nourriront une importante polémique.
Arendt a réfléchi et travaillé en particulier sur le totalitarisme qui est un régime politique qu’elle a connu et subi au 20ème siècle au travers notamment du nazisme allemand et du stalinisme soviétique.
Pour elle, le totalitarisme s’appuie sur la destruction de tous les liens sociaux traditionnels, les individus ne forment plus qu’une masse indistincte dans laquelle chacun fait l’expérience de la désolation. Le chef joue un rôle central, l’idéologie et la terreur sont les leviers du totalitarisme.
Pour Arendt, le totalitarisme est un régime qui détruit la politique. Le débat est jugulé même dans la sphère privée, les citoyens ne sont plus des êtres pensants et agissants mais des automates coupés les uns des autres et dépossédés de toute valeur et identité propres.
Arendt a essayé de réhabiliter l’action politique entendue comme « l’agir politique », pour que la société puisse se préserver durablement de la tentation totalitaire. Pour elle, il existe trois sortes d’agir, trois activités humaines fondamentales capable de sauver le monde de la destruction : le travail, l’œuvre et surtout l’action qui permet à l’homme de s’engager activement dans la cité, pour prendre conscience de la pluralité qui est l’essence de la condition humaine.
Œuvres principales : Origines du totalitarisme ; Conditions de l’homme moderne