Derrida (1930 – 2004)

Derrida, séminaire sur la peine de mort (Entretien avec Patrick Llored)

« La déconstruction n’est pas simplement la décomposition d’une structure architecturale, c’est aussi une question sur le fondement, sur le rapport fondement/fondé, sur la clôture de la structure, sur toute une architecture de la philosophie. »

            Derrida est né dans une famille juive installée depuis un siècle en Algérie. Après une scolarité dans son pays d’origine, il fera ses études de philosophie à l’ENS Paris où il rencontrera Althusser. Après avoir accompli son service militaire pendant la guerre d’Algérie, il voyagera énormément et notamment aux Etats-Unis où il aura une certaine notoriété. Par la suite, il participera à la fondation du collège international de philosophie à Paris et sera enseignant successivement à l’ENS et à l’EHESS.

            Derrida sera le philosophe de la déconstruction, pour lui, la philosophie traditionnelle s’élabore depuis Platon à partir d’un socle de dualisme (sensible / intelligible, corps / âme, nature / culture, parole / écriture, intérieur / extérieur etc…) dont l’un des termes est généralement privilégié. Toute civilisation s’enracine dans un certain univers de pensée structuré par des catégories. Il va s’efforcer de démonter, de déconstruire la philosophie européenne pour mettre à nu les oppositions conceptuelles implicites à partir desquelles elle parle.

            Derrida questionne notamment le « logocentrisme » occidental qui a tendance à privilégier le logos et le discours. En effet, depuis Platon, la parole est préférée à l’écriture, l’intérieur à l’extérieur, la réalité à l’image et plus généralement l’intelligible au sensible. Cependant, cela ne fait toutefois que renverser le rapport de force institué en affirmant notamment la priorité de l’écriture sur la voix et de la matière sur l’esprit, en croyant abolir la métaphysique, il n’a fait donc qu’en changer.

Œuvres principales : De la grammatologie ; L’écriture et la différence