
« Tout est foutu, soyons joyeux, rassurons-nous, tout va mal. »
« La joie est plus profonde que la tristesse. »
Clément Rosset est né dans la Manche, il a étudié en classes préparatoires à Lyon, a fait l’ENS et soutenu sa thèse de doctorat sous la direction de Jankélévitch. Il a été professeur de philosophie essentiellement à Nice en parallèle de sa carrière de philosophe. Il a été influencé notamment par Montaigne, Spinoza, Schopenhauer et Nietzsche.
Son œuvre a essentiellement conduit à une recherche sur ce qu’il appelait « le réel ». Il a enquêté sur les stratégies conçues par l’homme, consciemment ou inconsciemment, pour éviter la rencontre avec le réel et se priver de la joie que peut procurer l’acceptation de son infinie richesse existentielle.
Ses livres ont tour à tour abordé l’illusion, le double, l’ombre, le reflet, l’écho, l’image de soi, l’esquive, l’oubli, l’espoir, tous les refus de l’immédiat, du simple, de l’imprévu dont la source est une incapacité d’attention à la vie. Clément Rosset estimait que l’homme avait une aptitude particulière à résister à toute information extérieure dès lors que celle-ci ne s’accorde pas avec l’ordre de l’attente et du souhait.
Clément Rosset était le philosophe du désespoir fécond et de la joie tragique, il a tracé, dans une belle langue, un chemin de pensée dans l’incertitude, qui est aussi un art de vivre et de goûter le présent. Il a offert une belle démarche de pensée, faisant fi des refuges que sont l’ailleurs et l’au-delà.
Œuvres principales : Le réel et son double ; La force majeure ; L’invisible