
« Durée signifie invention, création de formes, élaboration continue de l’absolument nouveau. »
« Ce qui est réel, ce n’est pas les états, simples instantanées pris par nous, le long changement c’est le changement lui-même. »
Bergson est né à Paris, après des études brillantes, il est professeur à l’ENS et élu au Collège de France où il exerce une influence importante sur un public nombreux venu suivre ses cours. Il aura également une carrière diplomatique et obtiendra le prix Nobel de littérature en 1928. De confession juive, il est attiré par le catholicisme mais renonce à se convertir en raison de la montée de l’antisémitisme.
Bergson souligne la nécessité d’appréhender en philosophie, la dimension concrète et créatrice du temps, qu’il nomme durée. Il fait le pari que l’intuition de la durée peut nous permettre de comprendre le devenir de l’univers, notamment le principe à l’œuvre dans l’évolution des espèces vivantes.
Bergson s’est appuyé sur les données de la paléontologie et de la biologie, malgré tout, il reproche aux théories scientifiques héritées de Darwin de vider de sa substance le temps même de l’évolution, en ôtant son caractère imprévisible et créateur. Il pense que chaque forme de vie est une invention originale, dont l’apparition n’est pas entièrement prévisible. Bergson conçoit l’existence d’un élan créateur, l’élan vital, sur le modèle d’un pur jaillissement d’énergie, responsable selon lui, de la diversification des espèces au cours du temps.
Bergson dénonce l’incapacité des sciences à tenir compte de l’efficacité concrète du temps. Il estime qu’il revient à la métaphysique en s’appuyant sur l’intuition, ce mode de connaissance, de tenter de saisir de l’intérieur la durée singulière de toute réalité en tant qu’elle vit, devient et se transforme en permanence.
Œuvres principales : L’évolution créatrice ; La pensée et le mouvant ; Matière et mémoire