Adorno (1903 – 1969)

La culture au prisme de Theodor Adorno

« Dans les dessins animés, Donald Duck reçoit sa ration de coups comme les malheureux dans la réalité, afin que les spectateurs s’habituent à ceux qu’ils reçoivent eux-mêmes. »

            Adorno est né en Allemagne dans une famille juive cultivée. Il étudie la musique, notamment le piano et la philosophie. Il opte finalement pour la philosophie et en particulier la recherche sociale.

            Il sera obligé de s’installer à New York pendant la guerre où il rejoindra Horkheimer, un autre philosophe exilé. Il reviendra finalement s’établir en Allemagne à la fin du conflit. Il sera enseignant universitaire et prendra la direction de l’institut pour la recherche sociale à Francfort.

            Adorno va faire partie de l’école de Francfort avec d’autres intellectuels qui réfléchira tout d’abord sur la faillite de l’idéal marxiste. Cette école va développer la pensée de la théorie critique dont le sens et la portée peuvent se résumer par : « le droit et le devoir de tout homme qui pense est de juger le monde que l’on est convenu d’appeler libre selon ses propres critères, d’adopter à son égard une attitude critique et cependant de prendre parti pour les idées dont il se réclame, et de le défendre contre tous les fascismes, hitlérien, stalinien ou autres ».

            Adorno va développer une critique de la raison instrumentale, il pense que les totalitarismes contemporains sont le fruit de la philosophie des Lumières. Son idée est que la raison devient au siècle des Lumières, un instrument au service de la conquête conjointe de la nature et de l’homme. La raison s’est détournée de ses objectifs premiers, notamment la libération de l’individu de toutes les servitudes qui pesaient sur lui, pour se transformer en puissance d’aliénation et de domination. La société post industrielle, née des exigences de la raison, a tué l’élan émancipateur dont pourtant elle procédait.

            Pour Adorno, même l’art est devenu un produit relevant d’une industrie, dont les méthodes n’ont rien à envier à celles des autres industries. Cependant, l’œuvre d’art possède une puissance critique et une force de protestation qu’aucune société ne peut lui retirer, l’art peut être une promesse du bonheur. 

Œuvre principale : Dialectique négative