
« Si tous les hommes, moins un, partageaient la même opinion, ils n’auraient pas pour autant le droit d’imposer silence à cette personne, pas plus que celle-ci, d’imposer silence aux hommes si elle en avait le pouvoir. »
« L’individu est le maître souverain de soi-même, de son propre corps et esprit, et dans le principe de la protection de soi-même. »
Stuart Mill est né à Londres dans une famille de la bourgeoisie moyenne. Son père lui a donné une éducation philosophique intense et exclusive. Parallèlement à son travail d’intellectuel, Stuart Mill aura une carrière d’homme politique en devenant député à la Chambre des communes, et sera grandement influencé par sa compagne Harriet Taylor notamment dans le domaine du droit des femmes. Ils sont enterrés tous les deux en France dans un cimetière d’Avignon.
Stuart Mill est un disciple de Jeremy Bentham fondateur de l’utilitarisme et ami de son père. Cette philosophie considère l’utilité comme seul critère de la moralité, une action est bonne pour autant qu’elle contribue au « bonheur du plus grand nombre », celui-ci devant être le but de la société. D’autre part, il a vécu dans une période qui coïncide avec l’apogée de l’empire britannique, où la révolution industrielle a généré de gros progrès matériels mais aussi des inégalités sociales importantes.
Stuart Mill a tenté d’établir les limites étiques du système capitaliste, sans nier que l’industrie, le commerce et la technologie ont été des sources de bien-être objectif pour la majorité de l’humanité et en étant conscient que ce nouveau paradigme, tout sombre qu’il fût, ne permettra aucun retour en arrière.
Stuart Mill a défendu une société laïque, hédoniste et libre, il a transformé la rigidité initiale de l’utilitarisme en ayant recours à la logique pour une notion de vie plus qualitative, son utilitarisme a été essentiellement une théorie du bonheur par le biais de la rationalisation.
Stuart Mill a abordé les grandes questions relatives à la légitimité du pouvoir, des droits et des libertés, il a été le grand penseur de la démocratie exigeante, de la liberté personnelle et du libéralisme responsable. Cependant, il craignait les masses, à son avis versatiles et aisément emportées par des élans primitifs et peu réfléchis, et croyait à un gouvernement fondé sur la prépondérance de l’intelligence et des critères d’efficacité.
De fait, Stuart Mill est opposé à toute forme d’autoritarisme et est à mi-chemin entre le libéralisme et le socialisme, il conçoit l’économie et la politique comme des outils au service du bonheur humain.
Enfin, influencé par sa compagne, il défendit les droits des groupes discriminés et notamment ceux des femmes.
Œuvres principales : De la liberté ; Considérations sur le gouvernement représentatif