
« L’homme est né libre et partout il est dans les fers »
« J’avais vu que tout tenait radicalement à la politique et que, de quelque façon qu’on s’y prît, aucun peuple ne serait jamais que ce que la nature de son gouvernement le ferait être. »
« Qu’est ce qui fait que l’état est un ? c’est l’union de ses membres, et d’où naît l’union de ses membres ? de l’obligation qui les lie. »
Rousseau naît à Genève, après une période d’apprentissage comme greffier puis graveur, il va à Paris où il rencontre Diderot et commence à écrire. Ensuite, il aura une vie d’errance entrecoupée de succès et de scandale, va se brouiller avec nombre d’amis (Diderot, Hume…) et aura cinq enfants qu’il va tous abandonner. Il est inhumé au Panthéon à proximité de Voltaire avec lequel il eut de nombreux désaccords.
A l’opposé de ses contemporains de la philosophie des Lumières, Rousseau dénonce l’idéal de progrès, ne trouvant le bonheur que dans la vie naturelle perdue par la corruption sociale. Il estime que la civilisation a corrompu les mœurs et que la raison n’est pas à l’origine de la société, elle en est le fruit. Elle seule, peut redresser le cours de l’histoire, refonder dans l’égalité et la liberté, la coexistence des hommes.
Rousseau rejette l’athéisme et choisit la religion naturelle, celle que l’homme trouve dans son cœur. Il défend l’idée que la croyance doit rester dans les limites d’une pure conviction intime, il considère que les dogmes, les mythes sont uniquement destinés à établir le pouvoir du clergé. Il pense que les méchants triomphent et que le juste est malheureux en ce monde, mais la justice de Dieu récompensera les bons et punira les méchants.
Rousseau ne fonde le droit politique ni sur Dieu, ni sur l’autorité paternelle ni sur la force. Il en vient à l’idée d’un fondement contractuel du droit, pour établir un contrat social où l’homme naturel abandonne son indépendance primitive pour trouver une liberté politique qui le lie à la loi. La liberté se réalise par la loi qui est le fruit de la volonté générale et non de l’arbitraire. Il convient de distinguer la volonté de tous qui est la somme d’intérêts particuliers et n’a pas le sens du bien commun, de la volonté générale qui est la somme des petites différences, est au service de l’intérêt collectif et seule légitimise le pouvoir de l’Etat.
La volonté générale fait abstraction des intérêts divergents, des passions de chacun, pour ne se soucier que du bien commun, même si chaque individu peut comme homme avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu’il a comme citoyen.
Œuvres principales : Du contrat social ; Les Confessions ; Discours sur les Sciences et les Arts