Nietzsche (1844 – 1900)

Nietzsche, le philosophe-médecin - L'Actualité Nouvelle-Aquitaine — science  et culture, innovation

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort »

« En vérité, les convictions sont plus dangereuses que les mensonges »

« Deviens ce que tu es, fais ce que toi seul peut faire. »

« Agis toujours de telle sorte que tu acceptes le retour éternel des actes que tu as jugé bon d’accomplir. »

            Nietzsche est né près de Leipzig à Rocken, il est le fils d’un pasteur. Après des études de philologie, il entame une carrière de professeur à l’université de Bâle. A la suite de problèmes de santé importants et récurrents, il démissionne et obtient une bourse de l’université qui lui permet de voyager notamment en Italie et dans le sud de la France. En même temps, il se consacrera entièrement à sa vocation de philosophe et publiera de nombreux ouvrages. Après une crise de démence à Turin, il est interné et reste prostré les dix dernières années de sa vie, soigné et entouré par sa mère et sa sœur. 

            La philosophie de Nietzsche se veut d’abord une démystification des idéaux traditionnels. Il s’élève contre la culture moderne qui offre des symptômes de décadence, et proteste contre tous les aspects de ce qu’il nomme le nihilisme passif qui prend ses racines dans le socratisme et le courant judéo chrétien.

            La volonté de puissance ou le pouvoir de créer est au centre de la philosophie de Nietzsche. Une puissance déchainée anime l’univers dans sa totalité, brisant sans cesse les anciennes structures pour en créer de nouvelles et engendrer un perpétuel devenir. L’univers, monde clos, revient une infinité de fois au même point, et le monde de la volonté de puissance et de l’éternel retour est un monde privé de sens et de justification. La volonté de puissance permettra à l’homme de briser les valeurs de l’ancien monde et de se dépasser pour faire naître le « surhomme », il pourra ainsi reprendre possession de son corps, dénigré par la religion, et affirmer la vie. Pour Nietzsche qui est un vitalisme, la vie est la substance de l’homme et la volonté de puissance est sa force vitale.

            Nietzsche reproche au christianisme de dévaloriser la vie et pense que les valeurs morales (le bien, le mal…) prennent racine dans le ressentiment, en érigeant en valeurs les caractères mêmes de leur faiblesse, les faibles prennent leur revanche sur les forts.

            Pour Nietzsche, la fin de la métaphysique et la ruine de la morale annoncent le nihilisme et la mort de Dieu. Les valeurs portées par la philosophie des Lumières, la révolution, la science, la notion de bonheur et de progrès se sont substituées peu à peu aux valeurs qui portaient la croyance dans un Dieu, et on fait en sorte que le divin et le suprasensible ont quitté ce monde.

            Cependant, la mort de Dieu constitue un évènement trop profond pour que sa signification et son ampleur soient perçues et comprises par nos contemporains. Le besoin de croyance ne disparaît pas facilement, la foi dans la vérité objective de la science ou dans les idéaux politiques ne sont que des transpositions modernes de ce besoin religieux d’idéal et d’absolu.  

            Nietzsche disait qu’il philosophait « à coups de marteau », sa démarche se résume à moins discuter les grandes idées que de les reconduire à leur origine corporelle cachée. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de détruire mais également d’ausculter, la pensée consciente n’est que le résultat d’une activité instinctive inconsciente, et aussi abstraite soit-elle, une philosophie est toujours l’expression déguisée de besoins physiologiques. 

Œuvres principales : La naissance de la tragédie ; Le gai savoir ; Par-delà le bien et le mal ; Le crépuscule des idoles ; Ainsi parlait Zarathoustra