Kant (1724 – 1804)

Citations de Kant

« Que puis-je savoir ? que dois-je faire ? que m’est-il permis d’espérer ? qu’est-ce que l’homme ? à la première question répond la métaphysique, à la seconde la morale, à la troisième la religion, à la quatrième l’anthropologie. Mais au fond, on pourrait tout ramener à l’anthropologie, puisque les trois premières questions se rapportent à la dernière. » 

            Kant est né en Prusse à Königsberg qu’il ne quittera pratiquement jamais, il aura une vie austère, sédentaire, rangée et consacrée presqu’entièrement à l’enseignement, à la recherche et à l’écriture sur la philosophie. Il publiera son premier ouvrage essentiel à l’âge de 57 ans, il est sans doute le philosophe le plus important du 18ème siècle et achève le cycle de la philosophie des Lumières.

            Kant a entrepris une réflexion destinée à asseoir la science et la métaphysique sur des certitudes. Il veut défendre la raison contre le scepticisme de Hume, sauver du doute sceptique la science de Newton et établir que la métaphysique est le besoin indispensable de la raison. Il procède à une critique de la raison comprise comme un examen concernant l’usage légitime, l’étendue et les limites de la raison.

            Les mathématiques et la physique élaborées par la pensée humaine, appartiennent à la sphère de l’objectivité. Cependant, la métaphysique a toujours suscité des controverses et des discussions.

            Kant va opérer ce qu’il a appelé une révolution copernicienne, pour admettre que les objets ne sont la source d’aucun savoir et que la connaissance dépend du sujet.

            Dans la Critique de la raison pure, Kant définit la raison pure comme la faculté de connaître à priori, sans recours à l’expérience, la nature des objets par la sensibilité et l’entendement.

            Tout d’abord, la connaissance est relative à deux formes a priori de la sensibilité, l’espace et le temps qui précèdent l’expérience et font partie de la forme même de l’esprit.

            Ensuite, les catégories de l’entendement (au nombre de douze) sont des concepts à priori, permettant à la fois d’ordonner l’expérience et des modes de liaison nécessaires et universels.

            Dès lors, nous ne pouvons connaître les choses uniquement comme elles nous apparaissent, et nous n’accédons à des phénomènes et non pas aux choses telles qu’elles sont en soi et qu’il nomme les noumènes.

            De fait, les connaissances de l’homme sont celles des phénomènes et il n’est pas possible à partir de la raison pure de connaître Dieu, l’immortalité de l’âme, le monde, la liberté, le moi… qui ne sont que des concepts et n’appartiennent donc pas au monde sensible. La métaphysique qui en fait des objets est donc une illusion.

Dans la Critique de la raison pratique, Kant soutient qu’une action est moralement bonne si elle s’accomplit par pur respect du devoir sans considération pour un intérêt ou une satisfaction espérée. La morale se mesure dans l’intention qui conduit à l’action et non sur son aspect extérieur. La loi morale s’exprime sous forme d’un devoir impératif tel qui puisse être érigée en règle universelle.

            Kant définit les conditions indispensables pour que le devoir de la raison pratique ait un sens, il s’agit de trois postulats qui ne peuvent être des objets du savoir mais des croyances. Kant cherche l’accord du bonheur et de la vertu, à priori impossible, car le bonheur relève du domaine des lois naturelles et la vertu de celui des lois morales.

  • Premier postulat : L’existence d’un Dieu justicier est nécessaire car seul il peut assurer l’unité du bonheur et de la vertu en dehors du monde phénoménal.
  • Deuxième postulat : L’âme doit être immortelle, en effet la vertu morale ne peut être atteinte en ce monde et il est donc indispensable que l’âme soit immortelle pour réaliser la perfection dans un monde nouménal où il n’y a pas de temps
  • Troisième postulat : La liberté est un présupposé du devoir et de la morale car elle n’est pas un phénomène mais un noumène et ne peut être un objet de la connaissance.

            La critique de la faculté de juger part de la distinction entre le jugement déterminant et l’universel pour l’appliquer au particulier, et le jugement réfléchissant, qui pointe vers l’universel en prenant appui sur le particulier. Dans cet ouvrage, Kant s’efforce de montrer la possibilité d’une réconciliation entre le monde de la nature et celui de la liberté.

Les valeurs de beauté, présentes dans l’œuvre d’art, nous offrent également une sorte de réconciliation entre la raison et l’imagination sensible, puisque dans la contemplation esthétique, la belle apparence que nous admirons semble toute pénétrée des valeurs de l’esprit.       

Œuvres principales : Critique de la raison pure ; Critique de la raison pratique ; Critique de la faculté de juger