
« La nature me guérit de cette mélancolie et de ce délire philosophique. Je dîne, je fais une partie de backgammon, je me réjouis avec mes amis. »
« Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l’égratignure de mon doigt. »
Hume naît à Edimbourg, il était destiné à une carrière juridique mais il préfère la philosophie. Parallèlement, Il entame une carrière diplomatique et séjourne à Paris où il fréquentera les salons littéraires et rencontrera les intellectuels de l’époque. Il reviendra en Angleterre et hébergera un moment Rousseau avec lequel il aura des désaccords avant une rupture définitive.
Hume est le fondateur de l’empirisme moderne, il place l’expérience sensorielle et non la raison à l’origine de la connaissance. Il pousse le principe dans ses ultimes retranchements, soutenant que la pensée ne repose que sur l’habitude et l’expérience.
Il s’intéresse à la causalité qui est une idée fondamentale pour la philosophie, la science ou la vie courante. Il montre qu’elle n’a son origine ni dans la raison ni dans la réalité hors de nous, mais provient de l’habitude contractée par notre esprit de voir revenir les mêmes effets après les mêmes causes. Par accoutumance, nous croyons indéfectiblement dans la régularité du cours du monde, mais rien ne prouve qu’une telle connexion existe effectivement dans les choses.
Hume met à mal les fondements de la métaphysique et de la science pour lesquelles le rapport causal est une évidence indispensable.
L’empirisme de Hume apparaît comme un scepticisme modéré, car l’esprit possède, malgré son impuissance à atteindre la vérité, des règles d’action. L’activité fondamentale de l’esprit agit à l’aide de la mémoire et de l’imagination qui en sont les deux mécanismes fondamentaux. Comme le prétendent les métaphysiciens, le moi et l’individualité sont loin d’être une substance, une réalité permanente et invariable. En réalité, il ne s’agit que d’un ensemble de perceptions particulières qui se succèdent sans trêve, en un flux permanent.
Le scepticisme modéré et l’empirisme de Hume se retrouvent également dans sa conception de la morale et de la vie sociale. Il pense que tout principe moral résulte d’un accord ou d’une convention entre les membres d’une société donnée. Il estime que les principes éthiques et les normes juridiques, ne sont que le produit d’une convention régie selon les dispositions des membres d’une communauté. Ainsi, il réfute le droit naturel qui attribuait l’origine de la propriété privée à un état de nature antérieur à la formation de la société.
Hume est enfin un fervent défenseur de l’impossible correspondance entre la raison et la croyance en la foi révélée, cependant il ne s’assumera pas comme athée mais posera les premiers jalons de l’agnosticisme moderne.
Œuvres principales : Traité de la nature humaine ; Enquête sur l’entendement humain