Spinoza (1632 – 1677)

Baruch Spinoza — Wikipédia

« L’homme libre ne pense à rien moins qu’à la mort et sa sagesse est une méditation, non de la mort mais de la vie. »

« Nous ne désirons pas une chose parce qu’elle est bonne, mais au contraire c’est parce que nous la désirons que nous disons qu’elle est bonne. »

            Spinoza naît à Amsterdam dans une famille de juifs portugais. Elève brillant, il travaille en parallèle dans le commerce de son père. Ses opinions lui vaudront d’être exclus de la communauté juive. Pour subvenir à ses besoins, il deviendra polisseur de lentilles et mènera une vie retirée qu’il consacrera en grande partie à l’étude et à l’écriture.

            Spinoza emprunte à Descartes l’idéal et la méthode rationaliste, son œuvre majeure l’Ethique est un texte puissant mais difficile, elle est écrite à la manière des géomètres avec axiomes, postulats et démonstrations.

            Spinoza rejette l’idée traditionnelle selon laquelle Dieu serait un être transcendant, extérieur au monde dont il serait le créateur. Pour lui, Dieu et la nature désignent la seule substance qui soit, certains ont vu une forme d’athéisme déguisé, il faut plutôt y voir un panthéisme, dans la mesure où pour Spinoza Dieu est immanent au monde et présent dans toute la nature. Il défend également la liberté de philosopher et plaide pour la tolérance et l’indépendance des pouvoirs politiques et religieux.

            Pour Spinoza, les hommes se croient libres mais ignorent en réalité les causes qui les poussent à agir et désirer de telle ou telle façon. Ils sont soumis à un déterminisme absolu, mais peuvent se libérer des faux espoirs et des craintes qu’engendrent l’illusion du libre arbitre et la domination des passions « tristes » (la colère, la haine, l’orgueil …) par la puissance de la connaissance et de la raison.  

            Spinoza fait du désir l’essence même de l’homme, au contraire des passions tristes, les affects qui contribuent à augmenter notre puissance d’agir sont ceux de la joie.

            Spinoza réfute le préjugé finaliste qui est le préjugé premier à l’origine des autres, il consiste à expliquer les choses non par leurs causes mais par de prédentues fins qui en donnent une représentation déformée ou inversée. Il insiste sur l’importance qu’il y a à lutter contre les préjugés qui sont des superstitions véhiculées par les religions, en premier lieu sur le finalisme, qui est l’idée que l’homme est à la fin de la création ou encore que Dieu ait tout créé pour l’homme en vue de son bonheur.

            Spinoza souligne également que le préjugé finaliste repose sur la vision anthropomorphique commune à toutes les religions monothéistes qui s’évertuent à nous représenter Dieu sous une vision humaine et comme un roi très puissant. 

Œuvres principales : L’Ethique ; Traité théologico politique