Pascal (1623 – 1662)

Portrait d'un homme contrarié - Ép. 1/4 - Blaise Pascal, vers l'infini et  au-delà

« L’homme est un roseau pensant, quand l’univers l’écraserait, il serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, l’univers n’en sait rien. »

« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre »

« Joie ! joie ! pleure de joie ! éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre. »

            Pascal naît à Clermont Ferrand, il fut un génie scientifique précoce. Après avoir mené une vie mondaine, une révélation mystique en 1654, le détourne de la science et du monde pour consacrer sa vie à Dieu parmi les jansénistes à Port Royal. Après sa mort, un grand nombre de notes et de fragments seront réunis pour former un recueil qui sera intitulé « Pensées ».  

            Pascal a rejeté la primauté de la raison, il a relativisé les certitudes de la science au profit de celle de la foi. Il va au-delà du dualisme cartésien (l’âme est jetée dans un corps) représenté par deux substances, puisqu’il distingue trois ordres de réalité ayant des cohérences propres qu’il convient de respecter mais aussi de hiérarchiser, l’ordre des corps, l’ordre des intelligences et au sommet l’ordre de la charité (l’amour). L’intellect transcende la chair, mais la spiritualité transcende l’intellectualité.

            Pour Pascal, l’homme est égaré par l’amour de soi et les puissances trompeuses de l’imagination. Il refuse de prendre conscience de son néant qui lui apparaît dans l’ennui et fuit l’idée de la mort en se réfugiant dans le divertissement, qui le détourne de sa condition misérable réelle.

            Il affirme que le dépassement du vide et l’horreur d’une condition humaine absurde et irrationnelle, n’est possible que dans la foi chrétienne. La foi chez Pascal est une révélation immédiate et intérieure de Dieu, elle est obtenue grâce au cœur, spontanéité connaissante et intuitive, qui est une vraie force agissante liée au sentiment et saisissant Dieu sans intermédiaire. Pour Pascal, le cœur est un organe ou un outil fondamental d’acquisition de la connaissance, il est complémentaire plus que contraire à la raison et permet d’accéder à des vérités de base de façon plus intuitive qu’argumentée.

            Pascal refuse toute démonstration de l’existence de Dieu, il préfère proposer l’argument du pari qui tend à montrer aux incroyants, qu’ils n’ont rien à perdre mais tout à gagner en pariant sur l’existence de Dieu.

            Pascal qui était un peu à contrecourant des pensées de son siècle, est parfois accusé d’une forme de pessimisme foncier et peut-être même d’anti humanisme, cependant il a ouvert la voie aux philosophies de l’existence et celles sur les limites de la puissance de la raison, qui se développeront au cours des siècles suivants.      

Œuvres principales : Les Pensées ; Les Provinciales