
« Tant de raisonneurs ayant fait un roman sur l’âme, un sage est venu, qui en fait modestement l’histoire. »
« Je suis d’avis que l’aveugle ne sera pas capable à la première vision, de dire avec certitude quel est le globe et quel est le cube. »
Locke est né en Angleterre dans un famille aisée. Après avoir effectué des études médicales, il a exercé différentes fonctions publiques et administratives auprès de personnages importants de l’état. A la suite de graves évènements politiques survenus en Angleterre (guerre civile, révolution …), il a dû s’exiler en France puis en Hollande pendant quelques années. A son retour, après s’être occupé de sciences naturelles et de médecine, il s’oriente vers la philosophie et travaillera à l’étude et à la rédaction de nombreux ouvrages.
Locke est considéré comme le premier grand théoricien du libéralisme politique. Il a été un fervent défenseur des libertés individuelles, de la propriété privée et de la démocratie. Il est convaincu que les hommes naissent libres et soutient que les individus cèdent volontairement leurs pouvoirs à l’Etat à la condition que ce dernier protège en retour leurs droits et leurs libertés.
Locke est un empiriste, il s’oppose à la théorie cartésienne des idées innées en tant que fondement de la connaissance, pour lui, les idées complexes se ramènent à des idées simples, qui toutes sont issues de l’expérience. A partir des données de l’expérience, l’entendement distingue, compare et ainsi permet d’expliquer l’origine des idées que l’on pensait innées.
L’empirisme de Locke est étroitement lié à sa morale de la tolérance, en effet, celui qui croit à l’existence d’idées innées prendra pour des vérités absolues et universelles, des opinions qui sont seulement le reflet de la coutume et d’expériences particulières.
Pour Locke, l’origine du pouvoir doit être appréhendé à partir d’un pacte social et l’homme a des droits naturels imprescriptibles. Contrairement à Hobbes qui pense que la société crée les droits, Locke estime que la société est instituée pour défendre les droits qui moralement lui préexistent.
Ces droits sont le droit de propriété justifié par le travail, le droit d’autorité parental et le droit de liberté personnelle (dont la liberté de culte). Le droit de légitime défense et le seul qui peut être transféré à l’état.
Le pacte social n’est pas un renoncement (comme chez Hobbes), mais un contrat avec engagement réciproque. Le souverain n’est plus que le mandataire du peuple qui conserve le droit d’insurrection en cas d’abus de pouvoir.
Ces idées nourrissent toujours la pensée moderne du libéralisme, elles s’articulent autour d’un contrat librement consenti et de l’organisation des institutions, qui doivent permettre la sauvegarde des droits naturels de l’homme (essentiellement la liberté et la propriété), dans un état où le peuple est la source du pouvoir souverain.
Œuvres principales : Essai sur l’entendement humain ; Traité du gouvernement civil