Leibniz (1646 – 1716)

Gottfried Wilhelm Leibniz — Wikipédia

« Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

« Nous savons que souvent un mal cause un bien auquel on ne serait point arrivé sans ce mal. »

« Dieu a choisi le meilleur plan possible où il y ait la plus grande variété avec le plus grand ordre, le plus de puissance, de connaissance, de bonheur et de bonté. »

            Leibniz naît à Leipzig dans une famille aisée et privilégiée. Très tôt, il manifeste une facilité pour étudier à la fois les sciences, le droit et les lettres. Il découvre en même temps que Newton le calcul infinitésimal et propose en physique la théorie de la force vive. Il va mener une vie active, occuper des charges importantes et aura un tempérament de conciliateur et de diplomate auprès des chefs d’état européen.

            Leibniz a été un grand disciple du rationalisme cartésien, il a essayé de concilier le monde hérité d’Aristote qui considérait la nature comme un organisme vivant, et les causes fondamentales qui l’animaient comme finales et non efficientes. A l’inverse, le système cartésien pensait que le monde naturel était dépourvu de finalité et n’était rien de plus qu’une grande machine entrainée par des causes efficientes. De ce double effort d’intégration et de critique est né une nouvelle notion de substance : la monade. A travers cette dénomination, Leibniz reconnaît que l’être est en essence une unité absolument individuelle, non reproductive et autonome. Les monades ne communiquent pas, puisqu’elles contiennent en elles le programme de leur développement.

            Le système métaphysique de Leibniz veut répondre à la question concernant l’un des défis du rationalisme « comment connecter l’âme immatérielle au corps matériel ? ». Il y répond par le système dénommé « harmonie préétablie » qui reformule la relation causale entre le corps et l’âme et le principe de la causalité et de la communication entre toutes les substances.

            A partir d’une réflexion rationnelle, Leibniz a également théorisé sur Dieu pour restaurer son caractère d’être parfait. Dieu aurait pu créer d’autres mondes mais il a choisi la meilleure des combinaisons qui s’offraient à lui pour créer le meilleur des mondes possibles. 

            Pour faire face à la critique sur le système de l’harmonie préétablie et répondre à la question « et si tout est préétabli, l’homme est-il encore libre ? ». Leibniz répond que l’harmonie préétablie dans le cas des actions humaines n’élimine pas l’acte de décider.

            Enfin, concernant l’interrogation « et si Dieu existe et qu’il est parfait, pourquoi le mal existe-t-il ? ». Leibniz ne considère pas que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais il accepte la part inévitable de malheur dans l’expérience humaine. Le mal n’est pas signe d’un non-sens absolu mais doit être rapporté à l’ordre général des choses.      

Œuvres principales : Les nouveaux essais sur l’entendement humain ; Essais de théodicée