L’Épistémologie

Les philosophes de la Grèce antique se sont rapidement posés la question de l’acquisition de la connaissance et de son contenu.

            Certains ont pensé que nous acquérons les connaissances par l’expérience (l’acquis) et par la preuve que nous apportent nos sens, ce courant de pensée s’est appelé l’empirisme. D’autres ont estimé que la connaissance s’acquiert avant tout par le raisonnement (l’inné) et qu’elle provient exclusivement ou essentiellement de l’usage de la raison, ce courant de pensée s’est défini sous l’appellation de rationalisme.

            Le rationalisme est un courant épistémologique dont Descartes et Leibniz ont fondé les bases conceptuelles. Il met en avant le raisonnement en général et plus particulièrement le raisonnement déductif ou analytique. Il s’agit d’une théorie de la connaissance qui postule la primauté de l’intellect, l’expérimentation a un statut particulier et ne sert qu’à valider ou réfuter les hypothèses, la raison suffit pour départager le vrai du faux.

            L’empirisme a été représenté par la philosophie anglo-saxonne (Locke, Hume …), il postule que toute connaissance provient essentiellement de l’expérience et se fonde sur l’accumulation d’observations et de faits mesurables. De ce fait, il est possible d’extraire des lois par un raisonnement inductif ou synthétique qui va du concret à l’abstrait. Dans ce courant de pensée, le raisonnement est secondaire et l’observation est primordiale.

            Dans la pensée kantienne, l’épistémologie est avant tout « la critique de la connaissance ». Kant offre un changement de perspective radical vis-à-vis de l’empirisme qu’il qualifie lui-même de « révolution copernicienne ». Il va jusqu’à affirmer que la véritable origine de la connaissance est dans le sujet et non dans une réalité vis à vis de laquelle nous serions passifs.

            Avec Auguste Comte nous assistons à un tournant positivisme. Il distingue trois états historiques, l’état théologique qui rappelle que l’esprit de l’homme cherche à expliquer les phénomènes naturels par des agents surnaturels, l’état métaphysique où l’explication se fonde sur des forces naturelles mais encore personnifiées et l’état positif car l’esprit ne cherche plus à expliquer les phénomènes par leurs causes, mais s’édifie sur des faits constatables et mesurables. Dans la philosophie de Comte, l’esprit se limite au « comment », et renonce à la recherche du « pourquoi ultime » des choses.

            Au 20ème siècle, l’épistémologie contemporaine avec notamment Karl Popper, va bouleverser l’épistémologie classique en proposant une nouvelle théorie de la connaissance. Il donne à l’épistémologie de nouveaux concepts et outils d’examen, comme la réfutabilité qui est la capacité d’une théorie scientifique de se soumettre à une méthode critique sévère, il propose ainsi de voir dans la réfutabilité le critère permettant de distinguer la science de la non-science. Mais également l’infaillibilité qui définit à contrario les théories métaphysiques, psychanalytiques, marxistes ou astrologiques.