Les Stoïciens

Marc Aurèle (auteur de Pensées pour moi-même) - Babelio
Marc Aurèle

« Vivre en accord avec la nature »

« Le sage méprise la douleur et la mort »

            L’école stoïcienne couvre plus de cinq siècles sur trois périodes principales. Les anciens stoïciens avec Zénon de Citium (336-264) qui est le fondateur de la doctrine et ouvrit à Athènes l’école du Portique. Cléanthe (321-223) et Chrysippe (280-210) donnèrent au Stoïcisme son caractère systématique.

            Les moyens stoïciens avec Panétius (185-112) et Posidonius (135-51) introduisirent cette doctrine à Rome (notamment avec Cicéron).

            Le stoïcisme tardif de l’époque impériale romaine avec Sénèque (4 avant JC- 65 après JC) précepteur de Néron, Epictète (50-130) l’affranchi philosophe et enfin Marc Aurèle (121-180) l’empereur philosophe.   

            Le stoïcisme est d’abord une doctrine morale qui propose des règles de vie propres à atteindre le bonheur et la sagesse, et qui s’appuient sur une conception théorique et rationnelle de l’univers.

            Il repose sur l’idée que le monde qui nous entoure, le cosmos, est semblable à un gigantesque organisme vivant, harmonieux et ordonné (contrairement à la philosophie épicurienne).

            Cet ordre harmonieux est divin mais pas au sens d’un dieu transcendant et créateur. La philosophie des stoïciens est dominée par l’idée que l’ordre cosmique tout entier est à la fois divin, logique et rationnel. Sur ce point, elle préfigure le panthéisme de Spinoza.

            Pour les stoïciens, il n’y a pas de hasard, chaque évènement possède une cause, une raison d’être et se produit de manière entièrement déterminée. Une nécessité implacable est à l’œuvre dans l’univers, tout ce qui arrive doit arriver et tout ce qui doit arriver arrivera.

            La morale stoïcienne est imprégnée de sagesse et d’acceptation, il faut vivre en accord avec la nature et consentir à la rationalité du destin. L’acceptation de la nécessité est une morale de la liberté, la représentation qui s’offre à mon esprit ne dépend pas de moi, mais mon assentiment dépend de moi et exprime ma nature raisonnable et est donc un assentiment libre.

            Il existe une distinction fondamentale entre les choses qui ne dépendent pas de moi et dont je ne dois pas me soucier (la santé, la mort…) et les choses qui dépendent de moi (les jugements, les passions…). Il faut éviter les passions, ce qui trouble l’âme. Il faut agir sur ce qui dépend de nous. Puisqu’on ne peut éviter la douleur, il faut l’affronter et accepter le malheur, nécessaire à l’ordre du monde.

            Les stoïciens invitent à vivre au présent, à ne pas regretter les évènements passés, à pratiquer le carpe diem, l’amor fati, l’amour de ce qui est là, ici et maintenant. Le but de la morale stoïcienne est de vivre en accord avec la nature, c’est-à-dire avec l’harmonie qui règne dans l’ordre cosmique.

Œuvres principales :                                                         

Sénèque : Lettres à Lucilius                                          

Épictète : Le manuel                                                                 

Marc Aurèle : Pensées pour moi-même