
- Épicure (341 – 269)
- Lucrèce (99 – 55)
« La mort n’est rien pour nous »
« Le plaisir est le souverain bien »
Epicure naquit dans l’île de Samos et vécu ensuite à Athènes jusqu’à sa mort. Il fonda une école dans un jardin qui lui donnera son nom (le Jardin). C’est dans ce lieu qu’il réunira ses élèves de toutes conditions dans une forme de communauté qui écoute et apprend par cœur les textes du maître.
Lucrèce est un poète latin qui vécut deux siècles plus tard, il vénéra et popularisera la doctrine d’Epicure dans un poème.
Epicure propose une conception atomiste du réel, il reste fidèle à l’enseignement de Leucippe et Démocrite. Les phénomènes naturels s’expliquent par des causes matérielles, aucune intention surnaturelle n’agit dans le monde, rien ne vient du non-être, toute création ex nihilo (à partir de rien) est impossible, de même rien ne retourne au néant, tout se transforme. L’univers se transforme sans cesse et est éternel, il se compose d’une infinité d’atomes dans l’infinité du vide. En résumé, rien n’est créé à partir de rien, rien n’est absolument détruit et l’univers est éternel.
Epicure se garde de nier l’existence des dieux mais il élimine la croyance en un Dieu créateur qui intervient dans le monde, les dieux ne s’occupent ni du monde ni des hommes.
L’âme humaine est formée d’atomes matériels qui sont éternels. L’âme est inséparable du corps et meurt avec lui, les individus en s’éteignant transmettent à d’autres le flambeau de la vie.
Epicure propose un quadruple remède, le tetrapharmakos, il ne faut redouter ni les dieux ni les mythologies populaires qui leur sont liées, ni la mort inexistante, le bonheur est facile à obtenir et la souffrance facile à supporter. La formule « quand la mort est là, je ne suis pas là, quand je suis là, elle n’est pas là » désigne un état, une chimère où l’homme ne peut rien éprouver et qui est dépourvue de toute réalité sans détermination ni essence.
Afin d’effacer toutes nos peurs, rendre l’homme heureux et lui procurer un état purifié de toute angoisse, la thérapeutique des craintes ouvre la voie à l’ataraxie, cet état intérieur de calme, d’absence de trouble et d’inquiétude.
L’ataraxie s’accompagne de la joie et du plaisir, cependant tous les plaisirs ne sont pas souhaitables. Epicure divise en trois classes les plaisirs et les désirs :
- Les désirs naturels et nécessaires (ex : boire quand on a soif)
- Les désirs naturels et non nécessaires (ex : la sexualité, manger des mets délicats)
- Les désirs ni naturels ni nécessaires (ex : la richesse et la gloire)
Nous sommes loin de la légende de l’épicurisme jouisseur, la recherche du plaisir exige une discipline quasi ascétique.
Œuvres principales :
Épicure : Lettres à Ménécée, à Hérodote et Pythoclès
Lucrèce : De la nature